Rope Hell aka Nawa jigoku (1978)

113 Un Dan Oniroku (SM-Bondage) qui  bénéficie du savoir-faire de Kôyû Ohara et de la présence de Naomi Tani et Nami Aoki sur fond de rivalité entre clans yakuzas mais qui ne transcende pas ce sous-genre par manque de parti pris des scénaristes sur ce thème. Il faut dire que nos « héros » ne sont pas très futés.

Résumé : Un boss yakuza meurt, sa fille Akiko (Naomi Tani) décline la direction de la petite entreprise et manque de se faire violer par un sbire du clan. Celui-ci y laisse un doigt, non juste un doigt et part à la concurrence. La femme d’un autre sbire a contracté des dettes auprès de la concurrence. Sa fille Machiko (Nami Aoki) en pâtit grave. Voulant sauver la petiote, Akiko tombe elle-même dans le panneau. Ses affaires ne s’arrangeront pas.

Commentaire sur le film : Bonnes actrices au joli grain de peau, belles images, cadrages soignés…et pourtant on sent qu’il manque quelque chose : …. un quelconque intérêt sur la chute de ce clan yakuza et sur les tourments SM que subissent nos héroïnes. Lire la suite

Midnight Fairy aka Mayonaka no yosei (1973)

112 Malgré une construction bancale du scénario tanguant entre les deux personnage principaux, Noboru Tanaka par sa virtuosité et  Yuri Yamashina par sa présence sauvent brillamment ce pinku oscillant entre handicap, crime sordide et vengeance de classe.

Résumé : Canari, jeune femme légèrement « demeurée » vit avec son bébé chez sa « soeur » tenancière de bar interlope qui la prostitue à l’occasion à tous les « papas » qui passent. Kazuo est une petite frappe qui ne supporte pas que les riches puissent être heureux. Canari secoure ce nouveau « papa » qui touché par sa gentillesse l’emmènera dans sa croisade antisociale consistant à salir plus que de raison la future mariée d’une bonne famille. Même une fée de la nuit n’apporte pas toujours une fin heureuse.

Commentaire sur le film :  Le déroulé de l’histoire est étrange. On suit d’abord l’attachante Canari, puis ce petit voyou de Kazuo qui domine ce couple infernal et on laisse le final à Canari. De telle sorte qu’on a du mal à trouver le propos du film : est-ce l’handicap intellectuel de Canari ? le combat de classe du psychopathe Kazuo ? L’errance de cet amour éphémère ? Le scénario d’Akira Momoi, ici encore peu inspiré, ni film de truand, ni film social ou politique. La prestation de la crapule Kazuo (Morio Kazama) n’est guère transcendante.  Pourtant, le film était intéressant pour au moins trois raisons. Lire la suite

Flight Attendant: Scandal – Hold me like a beast aka Shuchuwâdesu sukyandaru: Kemono no youni dakishimete (1984)

111 Un Komuna mineur oscillant étrangement entre les comédies en costume d’Ohara et le drame mélancolique façon Tanaka. Ce Shuchuwâdesu (hôtesses de l’air) ne s’éloigne pas des clichés :  elles sont  « fleur bleue » et dotés d’un cœur d’artichaut  ou ne sont pas farouches si elles pensent s’envoler vers de riches noces.

Résumé : On suit les quelques jours de repos entre 2 vols internationaux de 3 hôtesses de l’air et surtout de leur chef de cabine. Au programme : beuverie et chasse aux riches célibataires pour les unes et romantisme naïf pour leur cheffe.

Commentaire sur le film : Difficile de trouver grand intérêt au scénario de Watanabe Hisashi et Murakami Nosamu qui  mélange sans soucis de cohérence, thérapeute vicieux, célibataires pervers et flics travestis avec une bluette plus mélancolique. Le film fait le grand écart entre le lourdingue et la comédie romantique. Masaru Konuma apporte ses compétences de réalisateur à cette « oeuvrette » notamment pour filmer les ruts. Lire la suite

Wet Lips aka Nureta kuchibiru (1972)

110 Inédit Un Kumashiro de qualité dans la lignée de « Lovers Are Wet » sur une femme de cabaret cabossée de la vie qui n’aura pas droit à son histoire d’amour un peu à cause des autres, un peu à cause d’elle-même. Un superbe rôle pour Moeko Ezawa qui porte avec force et subtilité ce personnage.
Nota : En revanche, comme un certain nombre de Kumashiro, ce film a été un cauchemar pour le tradhiseur.

Résumé : Kanao, jeune menuisier inassouvi par la frilosité de la fille du patron s’en va rencontrer Yoko (Moeko Ezawa) une fille dans un cabaret. Après un démarrage laborieux, voilà qu’ils tombent amoureux. Leur histoire gêne le commerce du souteneur qui est occis par mégarde. Il s’en suit une fuite vers les terres natales de la dame qui embarque dans leur course sans fin Kiyoshi, un ami d’enfance et sa copine Hisako (Keiko Aikawa). L’histoire ne peut finir bien.

Commentaire sur le film : Tatsumi Kumashiro s’intéresse avec talent aux gens simples, à ceux qui ‘ont pas eu de chance ou ne savent pas la prendre. Il sait montrer leurs forces, leurs doutes comme ici avec cette fille de cabaret, forte en gueule, méprisant ses clients et surprise de découvrir l’amour avec Kanao un puceau. La fuite des amoureux et leur rencontre avec Kiyoshi et Hisako marquera toutes les limites de leur histoire et de toutes façons, la société via sa police n’aime pas les gens fragiles. Lire la suite

Glorious Moment: A Woman’s Role aka Haresugata onna emaki (1972)

109 Drame en costume sur le destin d’une geisha à l’époque Edo, copiant des œuvres classiques. Ce roman porno ambitieux est porté par une Setsuko Ogawa à l’étroit dans le scénario de Masayasu Ôebara. Isao Hayashi réalise un film soigné qui n’arrive pas à atteindre le tragique.

Résumé : Osono et son ami d’enfance Eisuke veulent avoir leur petit commerce et se marier. Malheureusement, Osono doit d’abord rembourser les dettes de son père décédé et rencontre Minoya gros commerçant qui voit tout le potentiel d’Osono comme geisha. Après l’avoir formée et avoir promis d’installer Eisuke, il l’offre au Ministre Okabe. L’argent transforme les cœurs, le pouvoir est éphémère et la beauté peut être un malheur.

Commentaire sur le film : On  sent l’ambition du projet, le soin des décors, la qualité technique de la réalisation. L’aspect pinku est modeste mais bénéficie de la présence de Setsuko Ogawa habituée à ce type de rôle (Castle Orgies, Burning Desire et une flopée d’autres). Lire la suite

Onna Jimuin: Shikijô Seikatsu (1982)

108 Inédit Une superbe affiche et la présence d’Ayako Ohta ne suffisent pas à faire un bon « roman porno ».  On a du mal à s’attacher aux malheurs de cette bibliothécaire certes insatiable mais avant tout mesquine et malchanceuse. Sa destinée est petite tout comme le film.

Résumé : Otoko (Yasuko Utakawa) s’interroge sur sa relation avec son amant, homme marié. Elle rencontre un jeune couple sans le sou et qui attend un bébé. Elle se prend d’affection pour la donzelle Taeko (Ayako Ohta)  à qui son amoureux a joué un vilain tour mais devient rapidement jalouse de leur jeunesse et de leur amour, elle qui à 27 ans, sent ses espoirs de famille et d’amour lui échapper. Elle fera les mauvais choix.

Proposition de titre : Les déboires d’une bibliothécaire insatiable

Commentaire sur le film : A quoi est dû le faible intérêt de ce film ? Shin’ichi Shiratori, le réalisateur a réalisé 32 films dont Nurse Diary: Wicked Finger (à venir), Female Teacher 6 , 1 ama, plusieurs Koichiro Uno. Son travail semble ici correct, sans être brillant, tant pour la prise de vue que le montage. Le défaut vient principalement du scénario de Toshiyuki Tabe (son 1er scénario) qui offre à Yasuko Utakawa son unique rôle principal, celui d’une femme qui sent son avenir englué (à 27 ans !, autrement dit, une vieille femme !) entre des amours qui n’aboutissent pas ou qui ne sont pas désirés et qui n’en conçoit qu’une jalousie mesquine envers le bonheur des autres. Ce n’est pas mieux pour Ayako Ohta. Enceinte par son compagnon, empruntée sous les yeux de celui-ci par deux de ses copains, elle lui en veut moins qu’à sa bienfaitrice momentanée  à qui elle réservera le même sort. Bref, on enchaîne viols et saphisme et autres scènes de cul classiques en s’ennuyant assez ferme. Lire la suite

Kyusaku Yumeno : Teenage Girl Hell aka Yumeno Kyusaku no shoujo jigoku (1977)

107 Belle adaptation par Masaru Konuma de la nouvelle de Kyūsaku Yumeno (1889-1936), en maîtrisant le sombre, l’onirique et le fantastique propre à cet auteur ancré dans la culture japonaise. Film d’horreur, de fantômes, film social voire politique, conte tragique et vrai roman porno par la présence d’Asami Ogawa et Yûko Asuka à la fois victimes, amoureuses et anges du démon. Un très bon  Masaru Konuma dans un format long (1h30).

Résumé : Utae Amakawa (Asami Ogawa) rejetée dans son école du fait de son apparence – on la surnomme la martienne – n’a qu’une amie Aiko Tonomiya (Yûko Asuka) fille de l’Inspecteur d’Académie. Le Proviseur prédateur Morisu jette son dévolu sur la pauvrette qui tombe enceinte. Peu de temps après, un bâtiment de l’ancienne école prend feu. Un cadavre méconnaissable est trouvé dans les décombres et Utae a disparu. Le cauchemar commence pour le proviseur et ses acolytes poursuivis par des fantômes.

Commentaire sur le film : Je me méfie toujours lorsque j’aborde un Konuma, c’est toujours très maîtrisé mais peut être profondément abject. Cette adaptation d’une nouvelle de Kyūsaku Yumeno retranscrit bien l’univers de cet écrivain. L’immoralité de l’honneur de la société japonaise : classe dirigeante et religions, et la violence de tous les rapports individuels ou familiaux conduisent ces jeunes filles à sublimer cet enfer imposé et à se réfugier dans un monde onirique et fantastique tout aussi infernal. Lire la suite

Lesbians In Uniforms aka Sêrâ-fuku: Yurizoku (1983)

106 Inédit : Un pinku  avec lycéennes en uniforme marin, léger et bien servi par le couple Natsuko Yamamoto et Kaoru Oda tant pour la plastique que pour la fraîcheur dégagée. Le scénario d’Hiroshi Saitô et la maîtrise technique d’Hiroyuki Nasu  évitent les fautes de goût et les grivoiseries lourdes. Un Roman Porno de la Nikkatsu plaisant.

Résumé : Deux lycéennes se bécotent gentiment,mais l’une Naomi (Kaoru Oda) a un petit ami Ippei (Koji Mizukami) et l’autre Miwako (Natsuko Yamamoto) est encore vierge mais devient accro à sa copine. Jalousie, rejet, nouvelles expériences, sacrifice par amour se succèdent. Une sodomie et un dépucelage décevant plus tard, nos amies trouvent enfin leurs voies.

Proposition de titre français : Les Tribades du Lycée.

Commentaire sur le film : Le sujet  de l’homosexualité, grâce une petite touche ajoutée par Ippei, a évité le rétrécissement du film sur un lesbianisme racoleur. Comme bien souvent, les hommes sont assez minables et violents et la recherche de l’amour et du plaisir des sens ne passent pas obligatoirement par eux, leur ego et leur égoïsme. Le propos lesbien s’allie à celui de la recherche d’amour et du passage à l’âge adulte. La caméra sait s’éloigner pour permettre les respirations et capturer un dialogue comme si c’était un secret. Quelques scènes sont très jolies : quand Miwako s’introduit chez le petit ami et lorsque deux filles en discutent au bord de la mer. C’est chaud sans être poisseux. Lire la suite

4 ans… une année intéressante

Certes, le rythme est plus lent, seulement 16-17 films tradhisés, mais, j’ai pu proposer 9-10 inédits c’est à dire qu’aucun sous-titre pour ces films n’était disponible auparavant. J’ai eu ainsi le plaisir de découvrir à la source un Tatsumi Kumashiro (Kagi), deux  scénarios de  Takashi Ishii et 3 films avec Miki Takakura. Pour un piètre buveur d’eau de source comme moi, le fait de (tenter de) s’appuyer directement sur le son japonais, y compris pour les films en vosta, m’inciterait à reprendre toute ou partie des tradhisons notamment : Oh, Women! A Dirty Song et Woods Are Wet.

Côté fréquentation, même si visites et visiteurs ont doublé, nous restons dans l’anecdotique avec un « développement à l’international » principalement sur les films inédits. Il est à noter toutefois la bonne progression des pages « pinku en vostfr » et « liste des sous-titres » qui permettent de démarrer le côté « mini-centre de ressources français sur le roman porno » en lien avec le référentiel d’Olrik extrêmement évocateur sur bulles de japon https://bullesdejapon.fr/romanporno/.

Je me suis fixé comme limite pour suspendre au moins provisoirement ce blog, Lire la suite

Key aka Kagi (1974)

105 Inédit  Adaptation fidèle, un peu sage, pertinente et souvent brillante du livre de Jun’ichirô Tanizaki. Tatsumi Kumashiro traite ici des thèmes du sexe et de la morale, de l’amour et de la mort et où les notions de bien ou de mal sont brillamment évacuées .

Résumé : Tenant chacun son journal intime, un universitaire dont la virilité diminue et sa femme plus jeune, plus prude mais plus exigeante intriguent pour exacerber leur plaisir sexuel. Drogues dopantes, alcool, jalousie, honte, soumission maritale et respect des traditions  seront utilisés pour arriver à leurs fins. Leur fille et surtout leur futur gendre participeront à ce funeste jeu.

Commentaire sur le film : Kagi, même si l’oeuvre de Tanizaki a fait l’objet de plusieurs films : L’étrange obsession (1959) de Kon Ichikawa, La Chiave (1983) de Tino Brass, Kagi (1997) de Toshiharu Ikeda, elle reste avant tout une oeuvre littéraire pour Kumashiro. Il s’écarte peu du roman et le respecte « à la lettre » dans toute la complexité des personnages. Il nous montre le suicide « sexuel » d’un universitaire par amour et par l’obsession du plaisir au prix de douleurs et de jalousie. Lire la suite