Delicate Skillful Fingers aka Shiroi yubi no tawamure (1972)

099 La rencontre réussie entre l’univers des gangsters de Tôru Murakawa et celui des filles cabossées de la vie de Tatsumi Kumashiro. Visuellement travaillé et avec une bande-son joyeuse et traditionnelle, ce pinku avec une Hiroko Isayama crédible, s’il n’est pas « chaud bouillant » offre une scène mémorable d’orgie dans une salle de bain rouge pétant avec guitare et voix.

Résumé du film : Une petite employée, Yuki pleure dans un bar, un jeune homme, petit voleur à la tire arrive et la séduit. Leur amourette ne durera point, le garnement est promptement arrêté. Un de ses collègues Taku surgit, l’amour reprend  et il embarque la jeune fille au cœur sensible du mauvais côté. Franchira t’elle le pas?

Commentaire sur le film : On sent le regard bienveillant du scénariste Tatsumi Kumashiro sur cette jeune fille cabossée autant que les voitures qui passent. Elle est trop sensible pour être autre chose qu’une victime de ces voleurs à la tire et de la vie en général. Pourtant, elle aime, elle a même le courage d’aimer pendant que flics et petits truands jouent au chat et la souris. Un joli regard sur une histoire de « petites gens ». Lire la suite

Girl and the Wooden Horse Torture aka Dan Oniroku shoujo mokuba-zeme (1982)

098 Inédit Plus Takashi Ishii que Dan Oniroku, ce pinku plus subtil que violent jongle habilement entre fantasmes et réalité grâce à  son scénario et aux performances de Serina Nishikawa (Nami) et Shirô Shimomoto (Muraki).

Résumé : Nami est une lycéenne qui fantasme façon SM sur Muraki son prof d’anglais. Deux tourmenteuses Tomoko et Ari s’en prennent d’abord à Nami, ce qui créera « l’incident » entre nos deux héros, puis à Muraki. Ce dernier, faute du soutien de Nami est chassé de l’école. Commence pour lui, déjà fragile du coeur, une descente aux enfers. Deux ans plus tard, ils se retrouveront dans un hôtel SM…où s’arrêtera le rêve, où sera la réalité?

Commentaire sur le film : Ce film est remarquable pour trois raisons. Tout d’abord, le film se construit en permanence sur la succession de « scènes chaudes » qui deviennent les pièces essentielles et non un parcours obligé. Puis, donnez une histoire simple de Dan Oniroku à Takashi Ishii, il la transcende et l’instrumente dans l’univers de Nami et Muraki (Angel Guts) fait de rêves, de pluie, de nuit, de traumatismes initiaux et de rencontres avortées. Enfin, la prestation de Serina Nishikawa (son premier film, suivront Debauchery et 5 autres films) est remarquable, en portant l’ambiguïté du personnage notamment dans les scènes de l’hôtel SM. Lire la suite

Cruel High School Girl : Sex Lynch aka Zankoku: Jokôsei marusei rinchi (1975)

097 Inédit Un pinku signé du vétéran Isao Hayashi avec Naomi Tani et des lycéennes en uniforme pour un drame familial peu crédible et un film crapoteux.

Résumé : Yuki (Terumi Azuma), une lycéenne surprise en pleins ébats avec son amoureux par Kyoko sa belle-mère (Naomi Tani) fait une TS. Elle s’en va alors habiter avec sa tante Kaori (Aoi Nakajima) et se frotte dans son nouveau lycée à deux congénères racketteuses Shinobu (Kyôko Naitô) et Junko (Asuka Miyazaki). Après une soirée arrosée passée toutes ensembles, les trois filles s’engueulent et il leur arrive bien du malheur. La suite ouvrira les yeux à Yuki sur les bienfaits de la famille.

Commentaire sur le film : Ne le nions pas, il y a un gros problème avec ce film : nous avons des scènes de cul à foison et notamment une sordide mais sans lien avec le déroulé de l’histoire particulièrement maigrichonne et bancale. Le point le plus gênant est la scène centrale du viol collectif Lire la suite

Lovers Are Wet aka Koibito-tachi wa nureta aka Les amants mouillés (1973)

096 Encore un excellent Kumashiro qui transcende les codes du pinku intellectuel en montrant la réalité de ses personnages  en évitant toute grandiloquence et en offrant des scènes de grand cinéma.

Résumé : Un jeune homme fraîchement débarqué dans une bourgade endormie du bord de mer travaille comme petite main dans un cinéma porno. Que vient-il faire ? D’où vient-il ? Est-il le Katsu que beaucoup croient reconnaître? Restera-t’il ?

Commentaire sur le film : Tatsumi Kumashiro a signé le scénario et la réalisation et il sait y faire, le bougre. Ici, il prend les codes du cinéma pinku intellectuel façon Wakamatsu ou Ôshima et le débarrasse des oripeaux politiques. On y retrouve le nihilisme, l’instinctivité , la vacuité et la dangerosité de ces jeux de presque enfants. Katsu a beau baiser et tout promettre à sa patronne, Lire la suite

Female Teacher’s Awakening aka Female Teacher 9 aka Onna kyôshi no mezame (1981)

095 Inédit Retour au cycle des enseignantes outragées (pour de rire) dans un film peu marquant et peu enclin à une réflexion profonde du toujours honnête Katsuhiko Fujii malgré l’interprétation correcte de Junko Asahina et du berger allemand.

Résumé : Masako (Junko Asahina), belle enseignante mais forte prude subit d’abord les regards lubriques de ses collègues : son amoureux Ito et le proviseur-Adjoint. Ce dernier lancera le premier assaut sur sa victime tétanisée par les jappements de son chien. Horreur et révélation! Pour l’infortunée, cela ne sera que le début. Pendant ce temps, un film AV est tourné par ses élèves dont la peu farouche Kaori (Mari Kishida) violée également en plein film par son copain (Ryoji) qui couche avec Takako sa belle-mère (Yuri Yamashina), elle-même fréquemment au lit avec Ito. Vous suivez ?

Commentaire sur le film : Les clichés des Onna kyôshi sont tous là : profs libidineux, élèves en rut, lycéenne peu farouche et enseignante blanche colombe au début, violée en série et qui devient avide de stupre. Il n’y a pas de scène d’anthologie, peu d’originalité : le chien peut-être Lire la suite

Rope Sisters: Strange Fruit aka Nawa shimai: kimyona kajitsu (1984)

094 Inédit Plaisante et lointaine variation du conte d’Hansel et Gretel plongé dans l’univers de Takashi Ishii. L‘utilisation des cordes dans ce pinku « ropien » est beaucoup plus subtile.

Résumé : Muraki, médiocre vendeur tombe par hasard sur deux sœurs dont l’une en position très gênante. Chevalier servant, notre vendeur se mue en garde d’un soir afin de protéger les deux mignonnes sœurs isolées dans leur grande maison. La nuit, la nuit seulement ? sera agitée….

Commentaire sur le film : J’avais choisi un film « ropien » car, le scénario étant souvent primaire, la complexité de la traduction devait être fortement diminuée. Mais le scénariste Takashi Ishii possède un univers fort (la nuit, la pluie, la ville, la solitude…) qui sublime une histoire simple de fantômes. Les cordes ici sont tissées avec le sexe et permettent aux personnages de quitter leur monde médiocre. Peu importe qui est attaché, l’autre devient l’araignée, la sorcière. Sexe, amour, et souffrance sont liés. Les personnages s’y perdent ou doivent retrouver leur vie insignifiante. Le voyage est sans retour. Lire la suite

Sexual Assault at a Hotel aka Hotel kyosei waisetsu jiken: okashite! (1977)

093 Un pinku « drame psychologique » bien rythmé, porté avec conviction par  Erina Miyai et Yuri Yamashina et filmé honnêtement par Koretsugu Kurahara.

Résumé : Ryoko (Yuri Yamashina), jeune professeur vient à Tokyo dans le cadre d’un échange universitaire et revoit son amie d’enfance Rumiko (Erina Miyai). Le laboratoire d’archéologie est étrange et perturbe la prude Ryoko. Celle-ci est également décontenancée par le comportement frivole et assumé de Rumiko. Les rapports entre les deux femmes se tendent. Ryoko sortira-t’elle métamorphosée de son séjour tokyoïte?

Commentaire sur le film : Je n’attendais pas grand chose de bon de Koretsugu Kurahara connu en France pour le médiocre Chasseur de vierges. Mais, je dois constater qu’il a réussi une quasi-tragédie intemporelle sur le sexe, la mort, la culpabilité, l’amour et la haine, le tout en pinku. Rumiko incarne la fille aux mœurs légères et capable du pur amour et du plus grand sacrifice. La prude Ryoko porte le malheur, la jalousie, la haine et le désir d’amour mais qui ne retrouve la pureté des sentiments que dans le sexe Lire la suite

Rope Torture aka Dan Oniroku nawazeme (1984)

092 Inédit Suite du cycle « ropien » avec une Miki Takakura à son zénith dans un pinku bondage parfaitement maîtrisé par Ikuo Sekimoto. Un régal dans ce sous-sous-genre.

Résumé : Keiko (Miki Takakura) s’ennuie avec son banquier de mari qui la délaisse au profit d’une gourgandine (Kaori Takahashi). Elle rencontre un jeune homme dont elle s’éprend. Las ! de vils maîtres-chanteurs se manifestent bien vite et le piège se referme.

Commentaire sur le film : Dans cet avant-dernier rôle principal, Miki Takakura poursuit sa progression, l’oie blanche des premiers films s’efface et elle gagne en force et en épaisseur. Malheureusement, le sous-genre bondage et l’oeuvre d’Oniroku Dan ne permettent guère de sophistication. Néanmoins par le scénario de Seikô Shimura et surtout par le talent d’Ikuo Sekimoto passé de la Toei à la Nikkatsu, le spectateur ressent que les cordes sont autant intérieures qu’extérieures. Lire la suite

Convent Rope Hell aka Dan Oniroku: Shuudôjo nawa jigoku (1984)

091 Inédit On reprend le film précédent, on reprend les mêmes (Katsuhiko Fujii, Oniroku Dan, Akira Nakano, Miki Takakura), on rajoute un petit rôle pour Asami Ogawa, on muscle à peine le scénario, on change surtout le … costume et on obtient un pinku bondage certes primaire et « pour de rire » mais de forte belle facture. Nota: cet article m’a valu 3 jours de suspension par wordpress, il m’a fallu réciter 3 avé et 3 pater pour me faire pardonner.

Résumé : Takako (Miki) pour cause de drame avec un mari volage, prend le voile et devient sœur Marie dans un couvent dirigé par intérim par sœur Cécile (Asami). Un écrivain, mécène du monastère remarque la petite Marie et son amour malheureux tente de la retrouver.
Oh ! Marie, si tu savais… tout le mal qu’on va te faire …

Commmentaire sur le film : La nonne-exploitation a plusieurs visages : la sensualité perverse du couvent de la bête sacrée, les « chaudasses » de Koyu Ohara…ici, c’est davantage un décor pour un bondage esthétisant. La religion catholique ne constitue qu’un fond parfois utilisé avec génie par le réalisateur : les scènes sur la croix et sur la couche sont bâties comme des tableaux religieux en clair-obscur. Du grand art ! Lire la suite

Beauty Rope Cosmetology aka Bijo nawa geshô (1983)

090 Inédit Un pinku bondage ”primaire” d’après une nouvelle d’Oniroku Dan au scénario particulièrement léger bénéficiant toutefois de la présence si particulière de Miki Takakura et de la réalisation honnête de Katsuhiko Fujii.

Résumé : Hanako (Miki Takakura), jeune étudiante, fille d’un grand patron se fait enlever par un malandrin et son jeune sbire adepte de la photo de bondage. La pauvre Hanako subit bien des tourments. Pourra-t’elle compter sur son père pour sortir de cette épreuve ?

Commentaire sur le film : Dès qu’on voit Oniroku Dan, on pense : cordes savamment nouées, fouet et suspension et … on a raison. Le scénariste Akira Nakano n’avait pas grand’chose à se mettre sous la dent, le service est donc minimum. Que retenir de ce film ? Que Katsuhiko Fujii fait une réalisation correcte avec un travail agréable sur les couleurs, la lumière et les miroirs dans un décor minimaliste ? Que Miki Takakura est toujours magnifique quelle que soit sa tenue : uniforme scolaire, kimono avec cordes, robe blanche et loup…. ? Lire la suite