Girl’s Pleasure: Man Hunting aka Yokosuka otoko-gari: shoujo kairaku (1977)

103 Un pinku  « Rape and Revenge » fort bien maîtrisé par Toshiya Fujita qui l’élargit sur le (douloureux) passage à l’âge adulte de deux lycéennes. Le scénario et le casting sont impeccables.

Résumé : Dans une ville provinciale qui abrite une base navale américaine, deux copines de lycée, Kiko et Miko sont au bord du passage à l’âge adulte. L’une s’amourache d’un américain, l’autre surprend un violeur en pleine action avec sa belle-sœur sous le regard de son mari. Elle recherche le criminel mais le jeu s’avère dangereux.

Commentaire sur le film : Le « Rape and Revenge » est une thématique délicate où on sombre facilement dans la complaisance. Toshiya Fujita et sa co-scénariste Machiko Nasu l’évitent en grande partie, d’une part en ajoutant un autre thème : le passage à l’âge adulte, et d’autre part en donnant de la complexité à chacun des personnages : la belle-sœur violée peut réagir physiquement aux assauts du violeur mais assume sa révolte de victime, le frère de Kiko est partagé entre la peur, le déshonneur et la perversité du voyeur. Kiko, l’enfant gentille peut vite se transformer en tortionnaire… Lire la suite

Nun Story: Frustration in Black aka Shûdôjo: Kokui no naka no uzuki (1980)

102 Un Shûdôjo (film de nonnes) plus noir qu’à l’habitude dans ce sous-genre axant son propos sur la perversité des hiérarques qui broient les innocentes, sans le recul de l’humour ou de la sensualité ambiguë, d’où un certain malaise pour le spectateur. Le réalisateur Nobuaki Shirai a assumé et accentué ce côté sombre.

Résumé : Une jeune nonne prononce ces vœux et se retrouve en enfer dans un monastère dirigé par une garde-chiourme amourachée d’un joli curé sans retenue, et entourée de sœurs lesbiennes et implacables pour celles qui n’ont pas respectées la règle quelle que soit la raison. Seule, la transgression des commandements divins permettra à notre héroïne, victime et innocente de sortir de la maison du diable.

Commentaire sur le film : Habitué à la nonnexploitation pour de rire, le spectateur se trouve ici face à un film dramatique où les sévices sont dépourvus de projets humoristiques ou esthétiques. Ils ne sont là que pour insister sur la perversité des cadres religieux. Leur succession a un côté malsain car on ne se retrouve que voyeur de ces tortures. Le ressort du scénario signé par Hidehiro Ito et  Isao Matsumoto est simpliste : le monastère est une prison infernale où on enferme des filles pécheresses ou de filles innocentes et/ou abusées. Lire la suite

High School Girl’s Fake Diary aka Jokosei nise nikki (1981)

101 Pinku médiocre et sans intérêt pour la seule incursion dans le genre du photographe Nobuyoshi Araki qui suit une piètre Rika Arai, dans le milieu interlope des studios photo de charme, les bars topless et les boîtes de jazz orgiaques.

Résumé : Rika peu pudique pose pour des photographes dont un petit jeune qu’elle trouve sympa. Elle croise des copines, peu farouches qui travaillent dans un bar topless et se prostituent à l’occasion. Tout le monde se retrouvera dans une boite de jazz où la soirée tournera à l’orgie.

Commentaire sur le film : Les films « tranches de vie » sont parfois intéressants. Ici, on s’ennuie ferme. La faute au scénario sans âme de Toshihiro ou Shun Nakahara (?) et surtout en raison de l’absence d’expressions des actrices et surtout de Rika Arai où son impassibilité rend son personnage fade et sans intérêt. On ignore ce qu’elle pense et même si elle pense tout court. Visiblement, elle ne sent guère concernée. Lire la suite

Bunko Kanazawa : Memory of schooldays aka Tough Adolescence (1997)

100 Bunko Kanazawa aurait pu être un feu d’artifice pour mon 100ème « ouvrage » mais sa beauté photogénique n’est guère servie par ce filmage pitoyable d’une histoire nullissime,  interprété et réalisé par des abrutis anonymes. J’ai cherché chez les classiques, chez les poètes, dans les théogonies et dans les ports de quoi éviter le naufrage. Le voyage s’annonce rude…

Résumé du filmage : « Kanabun in the love sci-fi drama!! » nous annonce t’on. Traduisons par trois sauteries avec les positions classiques pour Bunko en uniforme scolaire au milieu d’un embrouillamini (très mini). Le côté science-fi va jusqu’à l’utilisation d’une lampe torche dans le déroulé de l’action, l’emploi d’un filtre sur la caméra et la diffusion d’une musique vraiment atroce. Le côté drama est aussi à rechercher dans ce dernier point.

Commentaire sur le filmage : J’ai un souvenir nostalgique de la sensualité qui se dégageait des photos de Bunko Kanazawa qui s’affichaient lentement sur le gros moniteur tout juste connecté à internet via des modems bruyants. A l’époque, hors de question de télécharger des films dont nous ignorions même l’existence. Lire la suite

Wife to Be Sacrificed aka Ikenie fujin (1974) aka Une femme à sacrifier

Commentaire C004 Décidément Masaru Konuma est un excellent réalisateur mais  malheureusement ici sans aucun recul sur les propos abjects de son film. Ratant le tragique, le film est difficilement supportable moralement alors que la qualité technique est remarquable.

Résumé : Akiko (Naomi Tani) femme traditionnelle japonaise est enlevée par son ex-mari Kunisada recherché par la police. Il lui fera subir les pires tortures. Pendant qu’elle commence à apprécier ces vilenies, il croise la route d’un couple d’amoureux qui tentaient de se suicider. La fin culmine dans l’abject.

Commentaire sur le film : Difficile et aucune envie de sauver ce film aux propos nauséeux. Suivre des pervers est une chose, faire du spectateur des voyeurs et des complices en est une autre. Pour le côté SM et bondage, la panoplie est complète avec un seul angle de vue, juste la torture et la perversion allant jusqu’à la nécrophilie Lire la suite

Teacher Deer aka Kyōshi mejika (1978) aka La Leçon de choses de Mademoiselle Mejika

Commentaire C003 : Un Chûsei Sone dans la lignée des « pour de rire », élégant mais sans surprise, un rape une revenge (non liée), une jolie scène de triolisme et la consoeur de Mejika s’en sort tout aussi bien que notre héroïne.

Résumé : Une jeune fille va se faire violer par trois lycéens, Mekija (Hitomi Sakae) intervient en assommant la victime. Le lendemain, la voilà devenue prof de biologie dans le lycée huppé des garnements. Que cherche t’elle ? et pourquoi fréquente t’elle une enseignante en mathématiques qui se prostitue ?

Commentaire sur le film : Chûsei Sone est un bon réalisateur, on le savait déjà mais son savoir-faire est mis ici au service d’une historiette sur une supposée revanche 20 ans après où les notions d’honneur à géométrie variable et de réputation douteuse sont bien pratiques. Lire la suite

Delicate Skillful Fingers aka Shiroi yubi no tawamure (1972)

099 La rencontre réussie entre l’univers des gangsters de Tôru Murakawa et celui des filles cabossées de la vie de Tatsumi Kumashiro. Visuellement travaillé et avec une bande-son joyeuse et traditionnelle, ce pinku avec une Hiroko Isayama crédible, s’il n’est pas « chaud bouillant » offre une scène mémorable d’orgie dans une salle de bain rouge pétant avec guitare et voix.

Résumé du film : Une petite employée, Yuki pleure dans un bar, un jeune homme, petit voleur à la tire arrive et la séduit. Leur amourette ne durera point, le garnement est promptement arrêté. Un de ses collègues Taku surgit, l’amour reprend  et il embarque la jeune fille au cœur sensible du mauvais côté. Franchira t’elle le pas?

Commentaire sur le film : On sent le regard bienveillant du scénariste Tatsumi Kumashiro sur cette jeune fille cabossée autant que les voitures qui passent. Elle est trop sensible pour être autre chose qu’une victime de ces voleurs à la tire et de la vie en général. Pourtant, elle aime, elle a même le courage d’aimer pendant que flics et petits truands jouent au chat et la souris. Un joli regard sur une histoire de « petites gens ». Lire la suite

Girl and the Wooden Horse Torture aka Dan Oniroku shoujo mokuba-zeme (1982)

098 Inédit Plus Takashi Ishii que Dan Oniroku, ce pinku plus subtil que violent jongle habilement entre fantasmes et réalité grâce à  son scénario et aux performances de Serina Nishikawa (Nami) et Shirô Shimomoto (Muraki).

Résumé : Nami est une lycéenne qui fantasme façon SM sur Muraki son prof d’anglais. Deux tourmenteuses Tomoko et Ari s’en prennent d’abord à Nami, ce qui créera « l’incident » entre nos deux héros, puis à Muraki. Ce dernier, faute du soutien de Nami est chassé de l’école. Commence pour lui, déjà fragile du coeur, une descente aux enfers. Deux ans plus tard, ils se retrouveront dans un hôtel SM…où s’arrêtera le rêve, où sera la réalité?

Commentaire sur le film : Ce film est remarquable pour trois raisons. Tout d’abord, le film se construit en permanence sur la succession de « scènes chaudes » qui deviennent les pièces essentielles et non un parcours obligé. Puis, donnez une histoire simple de Dan Oniroku à Takashi Ishii, il la transcende et l’instrumente dans l’univers de Nami et Muraki (Angel Guts) fait de rêves, de pluie, de nuit, de traumatismes initiaux et de rencontres avortées. Enfin, la prestation de Serina Nishikawa (son premier film, suivront Debauchery et 5 autres films) est remarquable, en portant l’ambiguïté du personnage notamment dans les scènes de l’hôtel SM. Lire la suite

Cruel High School Girl : Sex Lynch aka Zankoku: Jokôsei marusei rinchi (1975)

097 Inédit Un pinku signé du vétéran Isao Hayashi avec Naomi Tani et des lycéennes en uniforme pour un drame familial peu crédible et un film crapoteux.

Résumé : Yuki (Terumi Azuma), une lycéenne surprise en pleins ébats avec son amoureux par Kyoko sa belle-mère (Naomi Tani) fait une TS. Elle s’en va alors habiter avec sa tante Kaori (Aoi Nakajima) et se frotte dans son nouveau lycée à deux congénères racketteuses Shinobu (Kyôko Naitô) et Junko (Asuka Miyazaki). Après une soirée arrosée passée toutes ensembles, les trois filles s’engueulent et il leur arrive bien du malheur. La suite ouvrira les yeux à Yuki sur les bienfaits de la famille.

Commentaire sur le film : Ne le nions pas, il y a un gros problème avec ce film : nous avons des scènes de cul à foison et notamment une sordide mais sans lien avec le déroulé de l’histoire particulièrement maigrichonne et bancale. Le point le plus gênant est la scène centrale du viol collectif Lire la suite

Lovers Are Wet aka Koibito-tachi wa nureta aka Les amants mouillés (1973)

096 Encore un excellent Kumashiro qui transcende les codes du pinku intellectuel en montrant la réalité de ses personnages  en évitant toute grandiloquence et en offrant des scènes de grand cinéma.

Résumé : Un jeune homme fraîchement débarqué dans une bourgade endormie du bord de mer travaille comme petite main dans un cinéma porno. Que vient-il faire ? D’où vient-il ? Est-il le Katsu que beaucoup croient reconnaître? Restera-t’il ?

Commentaire sur le film : Tatsumi Kumashiro a signé le scénario et la réalisation et il sait y faire, le bougre. Ici, il prend les codes du cinéma pinku intellectuel façon Wakamatsu ou Ôshima et le débarrasse des oripeaux politiques. On y retrouve le nihilisme, l’instinctivité , la vacuité et la dangerosité de ces jeux de presque enfants. Katsu a beau baiser et tout promettre à sa patronne, Lire la suite