Lovers Are Wet aka Koibito-tachi wa nureta aka Les amants mouillés (1973)

096 Encore un excellent Kumashiro qui transcende les codes du pinku intellectuel en montrant la réalité de ses personnages  en évitant toute grandiloquence et en offrant des scènes de grand cinéma.

Résumé : Un jeune homme fraîchement débarqué dans une bourgade endormie du bord de mer travaille comme petite main dans un cinéma porno. Que vient-il faire ? D’où vient-il ? Est-il le Katsu que beaucoup croient reconnaître? Restera-t’il ?

Commentaire sur le film : Tatsumi Kumashiro a signé le scénario et la réalisation et il sait y faire, le bougre. Ici, il prend les codes du cinéma pinku intellectuel façon Wakamatsu ou Ôshima et le débarrasse des oripeaux politiques. On y retrouve le nihilisme, l’instinctivité , la vacuité et la dangerosité de ces jeux de presque enfants. Katsu a beau baiser et tout promettre à sa patronne, Lire la suite

Female Teacher’s Awakening aka Female Teacher 9 aka Onna kyôshi no mezame (1981)

095 Inédit Retour au cycle des enseignantes outragées (pour de rire) dans un film peu marquant et peu enclin à une réflexion profonde du toujours honnête Katsuhiko Fujii malgré l’interprétation correcte de Junko Asahina et du berger allemand.

Résumé : Masako (Junko Asahina), belle enseignante mais forte prude subit d’abord les regards lubriques de ces collègues : son amoureux Ito et le proviseur-Adjoint. Ce dernier lancera le premier assaut sur sa victime tétanisée par les jappements de son chien. Horreur et révélation! Pour l’infortunée, cela ne sera que le début. Pendant ce temps, un film AV est tourné par ses élèves dont la peu farouche Kaori (Mari Kishida) violée également en plein film par son copain (Ryoji) qui couche avec Takako sa belle-mère (Yuri Yamashina), elle-même fréquemment au lit avec Ito. Vous suivez ?

Commentaire sur le film : Les clichés des Onna kyôshi sont tous là : profs libidineux, élèves en rut, lycéenne peu farouche et enseignante blanche colombe au début, violée en série et qui devient avide de stupre. Il n’y a pas de scènes d’anthologie, peu d’originalité : le chien peut-être Lire la suite

Rope Sisters: Strange Fruit aka Nawa shimai: kimyona kajitsu (1984)

094 Inédit Plaisante et lointaine variation du conte d’Hansel et Gretel plongé dans l’univers de Takashi Ishii. L‘utilisation des cordes dans ce pinku « ropien » est beaucoup plus subtile.

Résumé : Muraki, médiocre vendeur tombe par hasard sur deux sœurs dont l’une en position très gênante. Chevalier servant, notre vendeur se mue en garde d’un soir afin de protéger les deux mignonnes sœurs isolées dans leur grande maison. La nuit, la nuit seulement ? sera agitée….

Commentaire sur le film : J’avais choisi un film « ropien » car, le scénario étant souvent primaire, la complexité de la traduction devait être fortement diminuée. Mais le scénariste Takashi Ishii possède un univers fort (la nuit, la pluie, la ville, la solitude…) qui sublime une histoire simple de fantômes. Les cordes ici sont tissées avec le sexe et permettent aux personnages de quitter leur monde médiocre. Peu importe qui est attaché, l’autre devient l’araignée, la sorcière. Sexe, amour, et souffrance sont liés. Les personnages s’y perdent ou doivent retrouver leur vie insignifiante. Le voyage est sans retour. Lire la suite

Sexual Assault at a Hotel aka Hotel kyosei waisetsu jiken: okashite! (1977)

093 Un pinku « drame psychologique » bien rythmé, porté avec conviction par  Erina Miyai et Yuri Yamashina et filmé honnêtement par Koretsugu Kurahara.

Résumé : Ryoko (Yuri Yamashina), jeune professeur vient à Tokyo dans le cadre d’un échange universitaire et revoit son amie d’enfance Rumiko (Erina Miyai). Le laboratoire d’archéologie est étrange et perturbe la prude Ryoko. Celle-ci est également décontenancée par le comportement frivole et assumé de Rumiko. Les rapports entre les deux femmes se tendent. Ryoko sortira-t’elle métamorphosée de son séjour tokyoïte?

Commentaire sur le film : Je n’attendais pas grand chose de bon de Koretsugu Kurahara connu en France pour le médiocre Chasseur de vierges. Mais, je dois constater qu’il a réussi une quasi-tragédie intemporelle sur le sexe, la mort, la culpabilité, l’amour et la haine, le tout en pinku. Rumiko incarne la fille aux mœurs légères et capable du pur amour et du plus grand sacrifice. La prude Ryoko porte le malheur, la jalousie, la haine et le désir d’amour mais qui ne retrouve la pureté des sentiments que dans le sexe Lire la suite

Rope Torture aka Dan Oniroku nawazeme (1984)

092 Inédit Suite du cycle « ropien » avec une Miki Takakura à son zénith dans un pinku bondage parfaitement maîtrisé par Ikuo Sekimoto. Un régal dans ce sous-sous-genre.

Résumé : Keiko (Miki Takakura) s’ennuie avec son banquier de mari qui la délaisse au profit d’une gourgandine (Kaori Takahashi). Elle rencontre un jeune homme dont elle s’éprend. Las ! de vils maîtres-chanteurs se manifestent bien vite et le piège se referme.

Commentaire sur le film : Dans cet avant-dernier rôle principal, Miki Takakura poursuit sa progression, l’oie blanche des premiers films s’efface et elle gagne en force et en épaisseur. Malheureusement, le sous-genre bondage et l’oeuvre d’Oniroku Dan ne permettent guère de sophistication. Néanmoins par le scénario de Seikô Shimura et surtout par le talent d’Ikuo Sekimoto passé de la Toei à la Nikkatsu, le spectateur ressent que les cordes sont autant intérieures qu’extérieures. Lire la suite

Convent Rope Hell aka Dan Oniroku: Shuudôjo nawa jigoku (1984)

091 Inédit On reprend le film précédent, on reprend les mêmes (Katsuhiko Fujii, Oniroku Dan, Akira Nakano, Miki Takakura), on rajoute un petit rôle pour Asami Ogawa, on muscle à peine le scénario, on change surtout le … costume et on obtient un pinku bondage certes primaire et « pour de rire » mais de forte belle facture. Nota: cet article m’a valu 3 jours de suspension par wordpress, il m’a fallu réciter 3 avé et 3 pater pour me faire pardonner.

Résumé : Takako (Miki) pour cause de drame avec un mari volage, prend le voile et devient sœur Marie dans un couvent dirigé par intérim par sœur Cécile (Asami). Un écrivain, mécène du monastère remarque la petite Marie et son amour malheureux tente de la retrouver.
Oh ! Marie, si tu savais… tout le mal qu’on va te faire …

Commmentaire sur le film : La nonne-exploitation a plusieurs visages : la sensualité perverse du couvent de la bête sacrée, les « chaudasses » de Koyu Ohara…ici, c’est davantage un décor pour un bondage esthétisant. La religion catholique ne constitue qu’un fond parfois utilisé avec génie par le réalisateur : les scènes sur la croix et sur la couche sont bâties comme des tableaux religieux en clair-obscur. Du grand art ! Lire la suite

Beauty Rope Cosmetology aka Bijo nawa geshô (1983)

090 Inédit Un pinku bondage ”primaire” d’après une nouvelle d’Oniroku Dan au scénario particulièrement léger bénéficiant toutefois de la présence si particulière de Miki Takakura et de la réalisation honnête de Katsuhiko Fujii.

Résumé : Hanako (Miki Takakura), jeune étudiante, fille d’un grand patron se fait enlever par un malandrin et son jeune sbire adepte de la photo de bondage. La pauvre Hanako subit bien des tourments. Pourra-t’elle compter sur son père pour sortir de cette épreuve ?

Commentaire sur le film : Dès qu’on voit Oniroku Dan, on pense : cordes savamment nouées, fouet et suspension et … on a raison. Le scénariste Akira Nakano n’avait pas grand’chose à se mettre sous la dent, le service est donc minimum. Que retenir de ce film ? Que Katsuhiko Fujii fait une réalisation correcte avec un travail agréable sur les couleurs, la lumière et les miroirs dans un décor minimaliste ? Que Miki Takakura est toujours magnifique quelle que soit sa tenue : uniforme scolaire, kimono avec cordes, robe blanche et loup…. ? Lire la suite

Erotic Diary of an Office Lady aka OL kanno nikki: Ah! Watashi no naka de (1977) aka Journal érotique d’une secrétaire

Commentaire C002 : Un élégant pinku de Masaru Konuma sur les affres d’une encore jeune secrétaire (Asami Ogawa) prise entre ses contraintes et ses rêves.

Résumé : Vie quotidienne d’une employée de bureau à disposition des chefs de service, coincée dans le quotidien (son vieux père, ses collègues de travail) et dans ses aspirations d’avenir et de maternité et ses envies sexuelles.

Commentaires sur le film : Voilà un sujet banal sur la triste condition de vie des secrétaires érotisé et sublimé par Masaru Konuma et personnifié idéalement par Asami Ogawa à la fois triste et superbe. Le propos pourrait être seulement grivois ou mélo, Konuma en fait une fable sur la condition des femmes  dévouées leur famille, travaillant dans des  postes subalternes et ingrats. Leurs amours ancillaires avec des hommes, avec leurs chefs seront forcément décevants. Elles savent qu’elles ne sont que des objets affriolants pour eux. Lire la suite

Attacked ! aka Osou! aka Harcelée! (1978)

Commentaire C001 : Une nouvelle variation d’Yasuharu Hasebe assez réussie toujours aussi « second degré » sur le viol non dépourvue d’une dose de comique, bien interprétée par Asami Ogawa.

Résumé : La « jolie » contractuelle Kumiko Kawai qui en pince pour l’inspecteur Tamura tout comme sa collègue Eiko (Yôko Azusa) est victime d’une agression. Il semble qu’un violeur en série écume la ville, Tamaru est sur les dents. Après avoir cherché en vain son agresseur, Kumiko subit une série d’agressions.

Commentaire sur le film : Cette énième variation présente quelques intérêts. Par l’emploi massif de musique classique, Hasebe introduit le second degré (le dernier « viol » est accompagné par…L’Hymne à la joie !) et dédramatise la succession de viols, tout cela est « pour de rire ». D’ailleurs, presque tout le monde fornique dans ce film (suspects, collègues…) et les autres y pensent fortement (Kumiko et le lycéen). Les scènes dites chaudes se succèdent à un rythme effréné y compris avec triolisme. Lire la suite

Female Cat aka She Cat aka Meneko (1983)

089 Un pinku médico-yakuza confus dans son scénario et oscillant entre différents genres et tonalités. Il bénéficie d’un casting de rêve (5 superbes créatures dont 3 inconnues) et d’une bonne maîtrise du réalisateur Shingo Yamashiro ou de son équipe technique.

Résumé : Pas simple ! Deux femmes gynécologues tenancières d’un refuge pour femmes en détresse et au lourd passé rencontrent une autre femme mystérieuse à une fête gay qui se termine par une série de coups de feu. Bien vite, le lien s’établit avec les agissements d’une famille mafieuse sévissant dans le médical et bien connue de nos dames. Coups de feu et vengeance, amour et trahison vont bientôt se succéder.

Commentaire sur le film : Il y a des points forts dans ce film inhabituellement long (1h26), le rythme soutenu, la qualité de certaines scènes (il arrive même à renouveler et à « torridifier » les scènes sous la douche), le très bon choix des actrices. Puis, il y a le ridicule : la « chose »   support de l’intrigue que tous les yakuzas recherchent, et le règlement de compte final où nos héros obtiennent un 20/20 en blessures mortelles et au vu de leur façon de tirer ce n’était pas gagné. Lire la suite