Glorious Moment: A Woman’s Role aka Haresugata onna emaki (1972)

109 Drame en costume sur le destin d’une geisha à l’époque Edo, copiant des œuvres classiques. Ce roman porno ambitieux est porté par une Setsuko Ogawa à l’étroit dans le scénario de Masayasu Ôebara. Isao Hayashi réalise un film soigné qui n’arrive pas à atteindre le tragique.

Résumé : Osono et son ami d’enfance Eisuke veulent avoir leur petit commerce et se marier. Malheureusement, Osono doit d’abord rembourser les dettes de son père décédé et rencontre Minoya gros commerçant qui voit tout le potentiel d’Osono comme geisha. Après l’avoir formée et avoir promis d’installer Eisuke, il l’offre au Ministre Okabe. L’argent transforme les cœurs, le pouvoir est éphémère et la beauté peut être un malheur.

Commentaire sur le film : On  sent l’ambition du projet, le soin des décors, la qualité technique de la réalisation. L’aspect pinku est modeste mais bénéficie de la présence de Setsuko Ogawa habituée à ce type de rôle (Castle Orgies, Burning Desire et une flopée d’autres). Lire la suite

Onna Jimuin: Shikijô Seikatsu (1982)

108 Inédit Une superbe affiche et la présence d’Ayako Ohta ne suffisent pas à faire un bon « roman porno ».  On a du mal à s’attacher aux malheurs de cette bibliothécaire certes insatiable mais avant tout mesquine et malchanceuse. Sa destinée est petite tout comme le film.

Résumé : Otoko (Yasuko Utakawa) s’interroge sur sa relation avec son amant, homme marié. Elle rencontre un jeune couple sans le sou et qui attend un bébé. Elle se prend d’affection pour la donzelle Taeko (Ayako Ohta)  à qui son amoureux a joué un vilain tour mais devient rapidement jalouse de leur jeunesse et de leur amour, elle qui à 27 ans, sent ses espoirs de famille et d’amour lui échapper. Elle fera les mauvais choix.

Proposition de titre : Les déboires d’une bibliothécaire insatiable

Commentaire sur le film : A quoi est dû le faible intérêt de ce film ? Shin’ichi Shiratori, le réalisateur a réalisé 32 films dont Nurse Diary: Wicked Finger (à venir), Female Teacher 6 , 1 ama, plusieurs Koichiro Uno. Son travail semble ici correct, sans être brillant, tant en prise de vue que le montage. Le défaut vient principalement du scénario de Toshiyuki Tabe (son 1er scénario) qui offre à Yasuko Utakawa son unique rôle principal, celui d’une femme qui sent son avenir englué (à 27 ans !, autrement dit, une vieille femme !) entre des amours qui n’aboutissent pas ou qui ne sont pas désirés et qui n’en conçoit qu’une jalousie mesquine envers le bonheur des autres. Ce n’est pas mieux pour Ayako Ohta. Enceinte par son compagnon, empruntée sous les yeux de celui-ci par deux de ses copains, elle lui en veut moins qu’à sa bienfaitrice momentanée  à qui elle réservera le même sort. Bref, on enchaîne viols et saphisme et autres scènes de cul classiques en s’ennuyant assez ferme. Lire la suite

Kyusaku Yumeno : Teenage Girl Hell aka Yumeno Kyusaku no shoujo jigoku (1977)

107 Belle adaptation par Masaru Konuma de la nouvelle de Kyūsaku Yumeno (1889-1936), en maîtrisant le sombre, l’onirique et le fantastique propre à cet auteur ancré dans la culture japonaise. Film d’horreur, de fantômes, film social voire politique, conte tragique et vrai roman porno par la présence d’Asami Ogawa et Yûko Asuka à la fois victimes, amoureuses et anges du démon. Un très bon  Masaru Konuma dans un format long (1h30).

Résumé : Utae Amakawa (Asami Ogawa) rejetée dans son école du fait de son apparence – on la surnomme la martienne – n’a qu’une amie Aiko Tonomiya (Yûko Asuka) fille de l’Inspecteur d’Académie. Le Proviseur prédateur Morisu jette son dévolu sur la pauvrette qui tombe enceinte. Peu de temps après, un bâtiment de l’ancienne école prend feu. Un cadavre méconnaissable est trouvé dans les décombres et Utae a disparu. Le cauchemar commence pour le proviseur et ses acolytes poursuivis par des fantômes.

Commentaire sur le film : Je me méfie toujours lorsque j’aborde un Konuma, c’est toujours très maîtrisé mais peut être profondément abject. Cette adaptation d’une nouvelle de Kyūsaku Yumeno retranscrit bien l’univers de cet écrivain. L’immoralité de l’honneur de la société japonaise : classe dirigeante et religions, et la violence de tous les rapports individuels ou familiaux conduisent ces jeunes filles à sublimer cet enfer imposé et à se réfugier dans un monde onirique et fantastique tout aussi infernal. Lire la suite

Lesbians In Uniforms aka Sêrâ-fuku: Yurizoku (1983)

106 Inédit : Un pinku  avec lycéennes en uniforme marin, léger et bien servi par le couple Natsuko Yamamoto et Kaoru Oda tant pour la plastique que pour la fraîcheur dégagée. Le scénario d’Hiroshi Saitô et la maîtrise technique d’Hiroyuki Nasu  évitent les fautes de goût et les grivoiseries lourdes. Un Roman Porno de la Nikkatsu plaisant.

Résumé : Deux lycéennes se bécotent gentiment,mais l’une Naomi (Kaoru Oda) a un petit ami Ippei (Koji Mizukami) et l’autre Miwako (Natsuko Yamamoto) est encore vierge mais devient accro à sa copine. Jalousie, rejet, nouvelles expériences, sacrifice par amour se succèdent. Une sodomie et un dépucelage décevant plus tard, nos amies trouvent enfin leurs voies.

Proposition de titre français : Les Tribades du Lycée.

Commentaire sur le film : Le sujet  de l’homosexualité, grâce une petite touche ajoutée par Ippei, a évité le rétrécissement du film sur un lesbianisme racoleur. Comme bien souvent, les hommes sont assez minables et violents et la recherche de l’amour et du plaisir des sens ne passent pas obligatoirement par eux, leur ego et leur égoïsme. Le propos lesbien s’allie à celui de la recherche d’amour et du passage à l’âge adulte. La caméra sait s’éloigner pour permettre les respirations et capturer un dialogue comme si c’était un secret. Quelques scènes sont très jolies : quand Miwako s’introduit chez le petit ami et lorsque deux filles en discutent au bord de la mer. C’est chaud sans être poisseux. Lire la suite

4 ans… une année intéressante

Certes, le rythme est plus lent, seulement 16-17 films tradhisés, mais, j’ai pu proposer 9-10 inédits c’est à dire qu’aucun sous-titre pour ces films n’était disponible auparavant. J’ai eu ainsi le plaisir de découvrir à la source un Tatsumi Kumashiro (Kagi), deux  scénarios de  Takashi Ishii et 3 films avec Miki Takakura. Pour un piètre buveur d’eau de source comme moi, le fait de (tenter de) s’appuyer directement sur le son japonais, y compris pour les films en vosta, m’inciterait à reprendre toute ou partie des tradhisons notamment : Oh, Women! A Dirty Song et Woods Are Wet.

Côté fréquentation, même si visites et visiteurs ont doublé, nous restons dans l’anecdotique avec un « développement à l’international » principalement sur les films inédits. Il est à noter toutefois la bonne progression des pages « pinku en vostfr » et « liste des sous-titres » qui permettent de démarrer le côté « mini-centre de ressources français sur le roman porno » en lien avec le référentiel d’Olrik extrêmement évocateur sur bulles de japon https://bullesdejapon.fr/romanporno/.

Je me suis fixé comme limite pour suspendre au moins provisoirement ce blog, Lire la suite

Key aka Kagi (1974)

105 Inédit  Adaptation fidèle, un peu sage, pertinente et souvent brillante du livre de Jun’ichirô Tanizaki. Tatsumi Kumashiro traite ici des thèmes du sexe et de la morale, de l’amour et de la mort et où les notions de bien ou de mal sont brillamment évacuées .

Résumé : Tenant chacun son journal intime, un universitaire dont la virilité diminue et sa femme plus jeune, plus prude mais plus exigeante intriguent pour exacerber leur plaisir sexuel. Drogues dopantes, alcool, jalousie, honte, soumission maritale et respect des traditions  seront utilisés pour arriver à leurs fins. Leur fille et surtout leur futur gendre participeront à ce funeste jeu.

Commentaire sur le film : Kagi, même si l’oeuvre de Tanizaki a fait l’objet de plusieurs films : L’étrange obsession (1959) de Kon Ichikawa, La Chiave (1983) de Tino Brass, Kagi (1997) de Toshiharu Ikeda, elle reste avant tout une oeuvre littéraire pour Kumashiro. Il s’écarte peu du roman et le respecte « à la lettre » dans toute la complexité des personnages. Il nous montre le suicide « sexuel » d’un universitaire par amour et par l’obsession du plaisir au prix de douleurs et de jalousie. Lire la suite

Woman of the Afternoon: Incite! aka Hirusagari no onna: chohatsu! (1979)

104 Qui dit pinku avec Natsuko Yashiro dit viols à répétition. Sans avoir le deuxième degré cher à Hasebe, ce road movie chez les rednecks japonais en compagnie d’un gay judoka dépasse les limites de la complaisance et de l’amateurisme scénaristique.

Résumé : Après s’être disputée avec son dentiste d’époux, Yuki prend sa voiture. Emboutie par un couple en rut, elle renverse un judoka qui s’avère être gay. Un road movie débute où la pauvre yuki frustrée dans son amour propre, subira les assauts d’un passant, d’un voyou, puis d’un trio de ploucs en chaleur dans un auberge improbable. A la fin, Yuki est cocue mais contente.

Commentaire sur le film : Le défaut du film tient moins à son réalisateur Nobuyuki Saitô, bon faiseur technique qu’à son scénariste Chiho Katsura qui a multiplié les erreurs de tons et de personnages : Lire la suite

Girl’s Pleasure: Man Hunting aka Yokosuka otoko-gari: shoujo kairaku (1977)

103 Un pinku  « Rape and Revenge » fort bien maîtrisé par Toshiya Fujita qui l’élargit sur le (douloureux) passage à l’âge adulte de deux lycéennes. Le scénario et le casting sont impeccables.

Résumé : Dans une ville provinciale qui abrite une base navale américaine, deux copines de lycée, Kiko et Miko sont au bord du passage à l’âge adulte. L’une s’amourache d’un américain, l’autre surprend un violeur en pleine action avec sa belle-sœur sous le regard de son mari. Elle recherche le criminel mais le jeu s’avère dangereux.

Commentaire sur le film : Le « Rape and Revenge » est une thématique délicate où on sombre facilement dans la complaisance. Toshiya Fujita et sa co-scénariste Machiko Nasu l’évitent en grande partie, d’une part en ajoutant un autre thème : le passage à l’âge adulte, et d’autre part en donnant de la complexité à chacun des personnages : la belle-sœur violée peut réagir physiquement aux assauts du violeur mais assume sa révolte de victime, le frère de Kiko est partagé entre la peur, le déshonneur et la perversité du voyeur. Kiko, l’enfant gentille peut vite se transformer en tortionnaire… Lire la suite

Nun Story: Frustration in Black aka Shûdôjo: Kokui no naka no uzuki (1980)

102 Un Shûdôjo (film de nonnes) plus noir qu’à l’habitude dans ce sous-genre axant son propos sur la perversité des hiérarques qui broient les innocentes, sans le recul de l’humour ou de la sensualité ambiguë, d’où un certain malaise pour le spectateur. Le réalisateur Nobuaki Shirai a assumé et accentué ce côté sombre.

Résumé : Une jeune nonne prononce ces vœux et se retrouve en enfer dans un monastère dirigé par une garde-chiourme amourachée d’un joli curé sans retenue, et entourée de sœurs lesbiennes et implacables pour celles qui n’ont pas respectées la règle quelle que soit la raison. Seule, la transgression des commandements divins permettra à notre héroïne, victime et innocente de sortir de la maison du diable.

Commentaire sur le film : Habitué à la nonnexploitation pour de rire, le spectateur se trouve ici face à un film dramatique où les sévices sont dépourvus de projets humoristiques ou esthétiques. Ils ne sont là que pour insister sur la perversité des cadres religieux. Leur succession a un côté malsain car on ne se retrouve que voyeur de ces tortures. Le ressort du scénario signé par Hidehiro Ito et  Isao Matsumoto est simpliste : le monastère est une prison infernale où on enferme des filles pécheresses ou de filles innocentes et/ou abusées. Lire la suite

High School Girl’s Fake Diary aka Jokosei nise nikki (1981)

101 Pinku médiocre et sans intérêt pour la seule incursion dans le genre du photographe Nobuyoshi Araki qui suit une piètre Rika Arai, dans le milieu interlope des studios photo de charme, les bars topless et les boîtes de jazz orgiaques.

Résumé : Rika peu pudique pose pour des photographes dont un petit jeune qu’elle trouve sympa. Elle croise des copines, peu farouches qui travaillent dans un bar topless et se prostituent à l’occasion. Tout le monde se retrouvera dans une boite de jazz où la soirée tournera à l’orgie.

Commentaire sur le film : Les films « tranches de vie » sont parfois intéressants. Ici, on s’ennuie ferme. La faute au scénario sans âme de Toshihiro ou Shun Nakahara (?) et surtout en raison de l’absence d’expressions des actrices et surtout de Rika Arai où son impassibilité rend son personnage fade et sans intérêt. On ignore ce qu’elle pense et même si elle pense tout court. Visiblement, elle ne sent guère concernée. Lire la suite